Un site web n'est pas un objet unique dont quelqu'un serait propriétaire. C'est un empilement de quatre choses distinctes — un nom de domaine, du code, des contenus, des accès — qui peuvent parfaitement appartenir à quatre personnes différentes. La plupart des mauvaises surprises viennent de là.
1. Le cas qu'on rencontre le plus souvent
Un indépendant a un site fait en 2016. Il fonctionne mal sur téléphone, il est lent, mais il est là. Il veut le refaire.
Premier obstacle : personne ne sait qui détient le nom de domaine. Il a été acheté par le prestataire de l'époque, sur son propre compte, avec sa propre carte. Le prestataire ne répond plus. Le domaine se renouvelle tout seul depuis huit ans, et son propriétaire légal n'est pas celui qui paie.
Ce n'est pas un scénario extrême. C'est la situation par défaut quand personne n'a posé la question au moment de signer.
2. Les quatre choses, une par une
Le nom de domaine
C'est le plus important, parce que c'est le seul qui soit irremplaçable. Le code se réécrit, les textes se réécrivent, l'adresse `votre-entreprise.be` ne se rachète pas si quelqu'un d'autre la détient.
Un nom de domaine a un titulaire enregistré, et cette information est publique. Le titulaire doit être vous — pas votre prestataire, pas son agence, pas l'hébergeur.
Si vous ne deviez vérifier qu'une seule chose dans un devis de site web, vérifiez au nom de qui le domaine sera enregistré.
Chez nous, la clause est explicite : le nom de domaine reste enregistré au nom du client et lui est transféré sans frais ni condition. Y compris, d'ailleurs, en cas de remboursement — vous repartez avec le domaine même si vous ne gardez pas le site.
Le code
Le code source est une œuvre protégée. Sans clause écrite, la cession n'a rien d'automatique : vous pouvez très bien avoir payé un site sans avoir le droit de le faire modifier par quelqu'un d'autre.
Les conditions à lire sont celles qui parlent de propriété intellectuelle. La formulation qui vous protège dit trois choses : la cession est intégrale, sans limitation de durée, et sans limitation de territoire. Si l'une des trois manque, demandez pourquoi.
Les contenus
Les textes et les images produits pour votre projet suivent la même logique que le code. Attention au cas particulier des photos : si votre prestataire a utilisé des images de banque sous licence, ce sont les conditions de cette licence qui s'appliquent, pas les siennes. Demandez la liste.
Les accès
C'est la partie qu'on oublie, et c'est celle qui fait mal. Être propriétaire du code sans avoir les identifiants de l'hébergement, c'est posséder une maison dont on n'a pas la clé.
Ce qui doit vous être remis à la mise en ligne : les accès au code, à l'hébergement et au domaine. Chez nous, c'est ce que prévoient les conditions générales, avec une heure de prise en main pour vous montrer où tout se trouve.
Si vous démarrez un projet, ces accès font partie des éléments à réunir en amont : c’est le poste qui prend le plus de jours calendaires quand il est mal préparé.
3. Les trois questions à poser avant de signer
Elles tiennent en trois lignes et se posent par email. Une réponse évasive à l'une des trois est une réponse.
- Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ? Si oui, demandez à le vérifier après l'achat.
- Le code et les contenus me sont-ils cédés, sans limitation de durée ni de territoire ? Demandez la clause, pas une confirmation orale.
- Que recevrai-je exactement le jour de la mise en ligne ? La bonne réponse est une liste d'accès, pas une adresse de site.
4. Le vrai garde-fou n'est pas la taille du prestataire
On croit souvent qu'une grande structure protège mieux. Ce n'est pas la taille qui protège, c'est ce qu'on vous remet.
Un indépendant qui vous cède tout par écrit vous laisse plus libre qu'une agence qui héberge votre site sur son infrastructure, sous son compte, avec un contrat qui ne dit rien de la propriété. Dans le premier cas, si la relation s'arrête, vous partez avec votre site. Dans le second, vous recommencez.
5. Ce que ça change pour vous
Posez les trois questions à votre prestataire actuel, même si tout va bien. C'est cinq minutes, et c'est le meilleur moment pour le faire : quand tout va bien.
Et si la réponse vous inquiète, la situation se rattrape presque toujours. Récupérer un domaine, reprendre les contenus qui valent la peine et poser des redirections propres pour ne pas perdre le référencement acquis, c'est un cas fréquent — nous en avons fait une option plutôt qu'un devis à part.
Un projet en tête ?
Trente minutes d'appel, gratuites, pour savoir si ça vaut la peine. Devis fixe ensuite, ou pas de devis du tout.
Demander un devis